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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 07:36

 

      Au réveil , je ne suis rien qu'un paquet d'angoisse et de mauvaise humeur ... Deux Céphyls , un liquide chaud , j'allume une petite veilleuse et  je m'assieds pour méditer ... le mental tourne et jacasse ,  c'est normal de sa part ... je me remémore vaguement un fragment de citation de Hui Neng : ... " le Vide qui est notre véritable nature ... " - ce qui m'aide  à prendre un tout petit chouïa de recul par rapport à la déprime et à l'angoisse . L'humeur du matin , ça n'est rien que l'humeur du matin . Les boudhistes parlent volontiers des humeurs comme des nuages qui cachent le ciel bleu , ce qui ne m'a jamais trop attiré comme comparaison parce que ( encore mon enfance douloureuse , et allez donc ! elle est bien loin pourtant ! ) j'associais autrefois , j'associe encore maintenant souvent la pluie à la douceur : pas d'obligation de jardiner , il y a encore beaucoup de travail au jardin ; quand il pleut ,  je peux buller tranquillement , commencer une aquarelle ...     Tandis que le beau temps , ah ! le beau temps ..par beau temps , tant d'obligations contradictoires se pressent , quémandent ou exigent  ...

 

 

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 ( ça c'est une  vieille aquarelle de 92 , mais je ne résiste pas au désir de vous la montrer à nouveau  . Le personnage terrifiant est ma mère , si agressive  et stressée à l'époque  ... Tout y est , de ces horribles  Dimanche matin perpétuellement ensoleillés de mon enfance Niçoise . Bouh !)

 

                 Et puis je me dis , cette histoire de nuages , de Vide qui est ma véritable nature , c'est encore rien qu'un concept , et pas besoin de s'en alourdir . Juste être attentive à ce qui passe par là ..               

                Hier soir j'ai regardé la première partie de Don Giovanni sur Arte - rien que des voix magnifiques et un régal , et j'ai adoré en particulier Leporello :  il était parfait à tous les niveaux , parfait comme chanteur ,mais aussi parfait comme acteur et comme attitudes  ... J'ai quelques réserves à faire sur la mise en scène des autres personnages , notamment une  Donna Anna   hyper glamour , ce que je trouvais  inadapté , une vision étriquée de Donna Anna . Cette idée que la première scène , qui aboutit si vous vous en souvenez au meurtre du Commandeur ,  se passe au lit , et Donna Anna est aussi souvent dessus que dessous ... certes , ça attire le chaland , mais tout de même ... Donna Anna a eu une éducation vertueuse , et à qui faire croire qu'elle confond encore Don Giovanni et Ottavio là ?  Mais bon , je jacasse , je jacasse , pourquoi est-ce que je vous parle de cette représentation ? ?  Juste à cause de l'ouverture . Alors là, c'est une trouvaille : dès que le rideau de scène tombe , on est face à une espèce d'immense miroir mobile où le théâtre ( la Scala de Milan ) et les spectateurs se reflètent de façon liquide et changeante ,

 ... Eh ben pour moi c'est ça , le début de la méditation . Cette espèce d'immense miroir vertical mouvant et déformant  , pensées et images , et on se dit : mais Bon Dieu qu'est-ce qu'il peut bien y avoir de l'Autre Côté ?  

                 Et voilà ,  au fil des mantras qui m'aident à équilibrer chaque chakra , au fil de l'assise tranquille , angoisse et  mauvaise humeur ont disparu ... l'instant présent n'est plus dans l'enfance ...  c'est le début d' une  journée de 2012 , un délicieux bien-être m'envahit .   Je retourne un moment au lit pour me régaler de la lecture de Nisargadatta Maharaj : un terrible  et exquis logicien , qui pousse les raisonnements le plus loin possible , de façon quasiment Lewis Carrollienne  , aidé par les questions faussement naïves du questionneur emberlificoté dans son propre mental - Quel régal ! que je savoure à petites doses , j'en ai bien pour quelques années  à absorber ce livre . 

 

 

"  Tant que vous vous attacherez à l'opinion que seul ce qui a un nom et une forme existe , le Suprême vous apparaîtra comme non-existant .Quand vous comprendrez que les noms et les formes ne sont que des coquilles vides , sans aucun contenu  , et que ce qui est réel est sans nom ni forme , pure énergie de vie , lumière de conscience , vous serez en paix , immergé dans le profond silence de la réalité . "

 

Q. Le silence est-il un attribut du réel ?

M. Cela aussi appartient au mental . Tous les états et toutes les conditions appartiennent au mental .

Q.  Quelle est la place de samadhi ?

M . Ne pas faire usage de sa conscience , c'est samadhi . Il suffit de laisser le mental seul . Vous ne désirez rien , ni de votre corps , ni de votre mental . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Prune Branchesetbosquets
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