Partager l'article ! chapitre 1118 : et le retour: Petit voyage , donc ... je rentre fatiguée et ...
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Mais il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est encore en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient ; mais que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ?
Et en attendant de le comprendre , ce monde ,( et en attendant que je vous trouve une autre chouette citation , mais là j'ai pas le temps ! ) je vous convie à reprendre avec moi le voeu boudhiste :
" Puissent tous les êtres se sentir heureux "
Petit voyage , donc ... je rentre fatiguée et de plus en plus grippeuse , si l'on cherche des raisons objectives on peut dire que c'est du aux changements bizarres de températures et à mon imprévoyance qui m'avait fait n'emporter aucun pull véritablement chaud ... Quand aux autres raisons , qui donc peut envisager de se fourrer la tête sous la couette comme unique et intelligent reméde aux petites obligations et tracas de la reprise de la vie quotidienne ici ? Faire les comptes pour les auxiliaires de vie , reprendre les emplois du temps parce que Nordine est irrégulier et s'est fait remplacer à mon insu , lire mon courrier , faire les comptes ... Trop lourd , trop lourd ... Même l'idée de reprendre Vivaldi avant la répétition de Lundi , est une fatigue insurmontable pour l'instant .
Donc , fatiguée ( mais j'ai nettoyé les mauvaises herbes au potager la première journée de notre retour, profitant de la pluie qui a rendu la terre douce , et il en est pimpant comme jamais ) , grippeuse et toussante ( mais je suis rentrée de Paris avec une provision d'une dizaine de kilos de livres nouveaux qui me tendent les bras pour quelques matinées flemmardes au lit : je rentre en transes chaque fois que j'accéde au deuxième étage chez Gibert , et vous savez pourquoi ? ils mélangent livres neufs et livres d'occase , ce qui fait que j'ai l'impression de faire des économies , et que j'achéte davantage ... écureuil inquiet saisi d'une crise d' avidité et d' enthousiasme...)
Et une autre provision , provision de moments : le château de Chambord , d'un blanc déchirant et gai sur fond de ciel d'orage , avec sur le toit sa forêt fantastique de cheminées Renaissance ; la colonne vertébrale de son escalier à double révolution qui fait echo dans mon propre corps , m'invitant à me tenir tout simplement bien droite sur la terre ; d'autres chateaux de contes de fée , tout petits et très jolis , avec des rosiers pourpres ou panachés merveilleux , et inconnus , proposant leur odeur enivrante et leurs pétales frais mouillés ; le jardin de Villandry avec ses damiers de fleurs , de salades et de choux bien rangés , où j'ai toujours envie de mettre en scéne la partie de croquet de la Reine Rouge ( au fait , j'ai adoré l'Alice de Tim Burton , et vous ? ) ; un tilleul tout bourdonnant d'abeilles ; un petit garçon , incroyablement grandi en six mois , qui, avec son grand-père , fait voguer un bateau à voiles sur le bassin du jardin du Luxembourg ; un tableau de canotiers de Caillebotte ( malheur ! quelle foule dans les petites pièces de l'exposition , quelle chaleur , quelle queue ... on était partis de chez nous si fatigués qu'on n'avait guère préparé notre séjour ...) : deux garçons qu'on voit de dos , assis à ramer dans leurs canots , ils ont d'épaisses nuques roses qui , Dieu sait pourquoi , m'enthousiasment ; des balades avec les pieds douloureux et le coeur gai , comme souvent , le long de la Seine , avec cette lumière d'Ile de France que je ne retrouve jamais ailleurs , ces nuages nombreux qui font chatoyer la lumière au lieu de l'abattre ...