Partager l'article ! chapitre 1104 : les premières pivoines !: ...
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Mais il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est encore en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient ; mais que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ?
Et en attendant de le comprendre , ce monde ,( et en attendant que je vous trouve une autre chouette citation , mais là j'ai pas le temps ! ) je vous convie à reprendre avec moi le voeu boudhiste :
" Puissent tous les êtres se sentir heureux "
Hier , au sortir du maudit dentiste - un grand gros garçon costaud qui utilise , lui aussi , avec surabondance le mot petit pour qualifier ce qui m'appartient ( ?? ) ( Bonjour Madame Machin ... entrez ... installez votre petit sac là ... oui .. votre petite veste .. sur le petit portemanteau .. installez-vous ... oui , votre petit appareil dentaire ... , mettez -le ici .. Rendons lui justice , il ne m'a pas dit , posez votre petit cul ici ... Ben , zut , est-ce du aux dimensions de mon postérieur , ou simplement qu'il a du respect pour les personnes ? ) donc , au sortir d'une pénible séance , la bouche tordue et les nerfs en pelote , je suis allée me remonter le moral chez Maria ( et lui offrir nos toutes premières cerises ) . Elle m'offre un thé réconfortant , nous prenons des nouvelles de nos santés respectives , puis me propose de descendre au jardin - elle m'a gardé une bignone rouge , une bouture qu'elle m'a fait depuis des siècles , et chaque fois que je viens la voir j'oublie de la prendre . Je suis un peu gênée parce que je crains qu'une deuxième descente dans son jardin l'ait fatiguée , elle ne rajeunit pas , tombe quelquefois , et a des douleurs articulaires partout - mais le moyen de lui dire ça , une fois qu'elle a proposé ?
C'est l'émerveillement , comme chaque fois que je descends dans son labyrinthe : les premières fleurs des kiwis , petites , d'un, blanc verdâtre , qui courent sur leurs tuteurs au dessus de nos têtes , le parfum suave d'une touffe d'oeillets blancs , la rangée désordonnée de roses anciennes , les pivoines blanches , les haies de féves et de pois gourmands , aussi hautes que moi ... nous visitons , elle commente chaque plante , en insulte affectueusement certaines - à la différence de mon jardin , le sien , je l'ai déjà dit , n'a aucun souci d'esthétique ; il est plein de mauvaises herbes , et je l'adore : elle a fait un jardin parce qu'elle aime chaque plante , pas pour impressionner la galerie ; beaucoup poussent dans des poubelles en plastique et des bidons divers - un jardin pagailleux - et le plus beau de tous . Nous cueillons des féves pour moi , que je mangerai le soir - un délice à la croque-au-sel , accompagnées d'une tartine de beurre - , et quand nous remontons , sa fille rentre , pile poil ! Je reprends ma voiture heureuse , totalement rassérénée , j'ai complétement oublié le dentiste ... Je me promets d'être moins esclave de d'un idéal de beauté conventionnelle pour mon propre jardin ; et, tout en suivant avec bonheur la tortueuse petite route pour rentrer chez moi , à travers champs et bois , je me rends compte que j'ai encore oublié d'emporter la bignone ...